* * Ecrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit. * [ Marguerite Duras. ]*

* * Ecrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit. *   [ Marguerite Duras. ]*
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Annexe de : Moonlight-Lullaby


Présentation :

Nous sommes deux amoureuses de l'écriture. Deux âmes attendries par la magie des mots. Ici sera donc notre sanctuaire, une galerie textuelle. Un endroit où nous vous invitons avec grand plaisir, à partager cette ardeur qui nous grignote le c½ur. Pour nous présenter, voici donc un petit bout de nos personnes.

__Charlène_

Étudiante en Lettres Modernes, amoureuse des émotions et des mots dans leur essence. J'ai 20 ans, j'aime Baudelaire, Marc Levy et Stephenie Meyer. Ça faisait longtemps qu'il me trottait dans l'esprit d'ouvrir une galerie textuelle, grâce à Anaïs, c'est chose faite. Je vous averti : ce blog sera comme mon bébé, un havre de magnificence, ainsi donc, je serais intransigeante. Je veux des textes vivants, des textes qui ont été écrits à l'encre de vos myocardes. Et surtout, oh oui surtout, ne faites pas mal à ma pauvre rétine : maîtrisez vos fautes d'orthographe et éviter le langage SMS. Si l'envie vous prends de mieux me connaître, j'ai trois blogs principaux : EtreBella, ReasonToBelieve & Ames-Entremelees. Peut-être avez-vous déjà croisé ma route, je serais donc ravie de vous accueillir à nouveau ici.
Envie de lire mes textes ? Ocean-Lyrique.


__Anaïs_

Lycéenne, je passe mon bac scientifique cette année. L'écriture est pour moi, bien plus qu'une activité ou un loisir, c'est une vie. J'ai 18ans, et si il y a quelque chose que j'aime dans la vie, c'est la croquer à pleine dents. Mes auteurs favoris sont surtout Stephenie Meyer, Guillaume Musso, Katherine Pancol ainsi que Zola. J'aime beaucoup participer aux nombreux thèmes que toutes ces galeries textuelles nous offres, et c'est pour cela que j'ai voulu en créer une. Ce que j'attends de vos textes est très simple. Je veux qu'ils resplendissent, qu'ils sortent de la banalité. Je veux les dévorer en entier, du verbe au complément. Du sujet à l'adjectif. Je veux ressentir toutes les émotions, être dans un tourbillon infernal où vous seul êtes les maîtres. Faites moi voyager, faites de l'écriture une personne. Qu'elle soit vivante. Pour me retrouver ailleurs qu'ici, mes trois blogs principaux sont : ----- Luune-Noire, Luune-Lullaby & BeyondOfDestiny. Vous me connaissez peut être, mais si ce n'est pas le cas, je vous invite à partager mes passions avec vous.



Concept :

C'est très simple, nous vous proposons un thème avec plusieurs sujets et vous devez nous poster vos textes s'y rapportant. Les thèmes sont clôturés à une date limite, nous choisirons ceux que nous posterons, nous écrirons nos critiques et votre article sera donc en ligne. Les sujets peuvent être une image, une musique, une citation, ou un sentiment. Nous tenons informés nos écrivains en herbes, si leur texte ont été choisis ou non. Les lecteurs donnerons aussi leurs avis,par commentaire.


Règles :

- Les textes ne doivent pas être écrits en langage SMS. Ici on parle français.
- La longueur du texte n'est pas imposée, mais au moins un minimum de 20 lignes.
- Les propos racistes ou injurieux ne sont pas acceptés ! Ici :TOLÉRANCE, RESPECT, ALTRUISME, HUMILITÉ !
- Nous ne changeons pas vos textes, nous ne corrigeons pas vos fautes (à vous d'y faire attention ! Outil d'aide : BonPatron), mais nous intervenons peut être dans la mise en page si elle est trop brouillon.
- Ne copier-coller pas les textes, ils ne sont pas votre propriété. Vous devez demander la permission à l'auteur du texte, dont le lien sera à côté du texte.
- Les avis sont acceptés avec plaisir, mais essayez de faire en sorte qu'ils soient constructifs et justifiés.
- Un lien vers notre galerie est imposé sur votre blog si votre texte est sélectionné.


Inscriptions :

- Toute inscription est acceptée.
- Vous devez envoyer votre texte dans la messagerie ou sur l'adresse mail du blog : Demesure-Textuelle@hotmail.fr.
- Une infime présentation s'impose : le thème choisi, le sujet choisi, votre pseudo (le nom de votre blog), votre prénom ( ou anonymat ) , votre âge, pourquoi avez-vous choisit ce texte ? Et si vous le souhaitez, ce que vous procure l'écriture.
- Si le thème est une image, elle sera choisie par nos soins.
- Vous pouvez participer à tous les thèmes et sujets présents.
- Un lien vers notre galerie est imposé sur votre blog.


Thèmes :

- Les thèmes seront confectionnés par notre inspiration.
- Ils comprendront 2 à 4 sujets différents ( Une musique, une photo, une citation ou un sentiment ).
- Ils auront une date limite. Un mois en moyenne, le temps que chacun puisse participer d'une façon correcte et non à la va-vite.
- L'écriture étant aussi une de nos passions, il est probable que nous participions également de temps en temps.



Prévenus :

Pour être prévenus de l'arrivée d'un nouveau thème, de la clôture d'un autre, ou tout simplement d'un texte posté, il suffit de s'inscrire à notre newsletter. Celle-ci se fera uniquement par mail. Donc pour vous inscrire, et suivre tout ça avec nous, c'est par ici : S'inscrire à notre newsletter Attention, pour valider votre inscription il faut ouvrir le mail de confirmation que vous aller recevoir.



Image : Deviantart.


→ Édit du 30 septembre 2009 :
Quelques petits changements ;)
1) En raison de nombre important de textes que nous avons déjà reçus, nous avons décidé de raccourcir l'échéance, ainsi donc nous clôturerons le thème 1 le 11 octobre 2009.
2) Nous avons également décidé que chaque participant aura le droit de figurer sur le thème, c'est-à-dire que les noms de tous les participants seront affichés. De plus, nous avons pensé à mettre les textes non sélectionnés en ligne dans les commentaires, afin que tout le monde puisse lire tout le monde. Néanmoins, nous ne le ferons seulement avec votre accord.
3) D'autre part, vous aurez le droit également de nous juger : en effet, nous allons participer aux thèmes (dans la mesure du temps que nous avons à disponibilité), et nous mettrons nos deux textes en ligne. Vous pourrez donc nous donner vos avis, mais attention, tout comme vous, nous souhaitons des commentaires constructifs ;)


→ Édit du 16 octobre 2009 : Un blog annexé à Demesure-Textuelle
Voilà enfin une résolution à un problème qui nous dérangeait fortement. En effet, nous trouvions vraiment dommage de ne pas faire partager certain texte que vous nous postiez. Surtout que cela ne veut pas dire que vos textes sont mauvais, c'est questions de manque de place, de posté trop tard... On a trouvé la solution, c'est pourquoi nous avons créé Moonlight-Lullaby comme annexe de ce blog. Nous posterons donc les autres textes qui nous on vraiment plu, et qui valent le détour. Alors savourez, et laisser vos impressions.



Ça devient lassant de constamment tomber sur des nouvelles galeries qui se créées et qui nous prennes notre premier article ! Vous voulez votre galerie parce que vous aimez écrire non ? Alors écrivez de vous-même votre présentation, vos règles et tout ce qui s'en suit ! On en est à un nombre record ! Au moins 5 galeries nous on pris l'article ou la mise en page !!!



♥ Notre Galerie Textuelle est répertoriée chez : lies-and-fairytales

♥ Galerie en partenariat avec : Words Obsession et Our Failure


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Thème 1 : Clos.

Thème 2 : Clos.



# Posté le dimanche 27 septembre 2009 14:22

Modifié le dimanche 15 novembre 2009 05:51

* * Foire Aux Questions * S'inscrire à notre newsletter *

* * Foire Aux Questions *  S'inscrire à notre newsletter  *
Si vous avez de quelconques questions, posez-les ici.
Nous nous ferons un plaisir de vous répondre.


___________________________________



Est ce qu'on peut s'inscrire à la Newsletter sans écrire de textes ?

→ Bien sûr =) Tout le plaisir sera pour nous ;) Nous comptons sur vous pour donner vos avis sur les différents textes :)

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Vous parlez d'une limite d'un mois pour rendre les textes. Cela s'appliquera partout? Car il n'est pas fait mention d'une date sur votre premier thème.

→ La limite est fixée à un mois pour chaque thème, chaque fois =)

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Dans les thèmes, il faut faire un sujet choisit, ou nous sommes obligé de tous les faire?
Et est ce qu'il est possible de mettre un passage de notre histoire? Si le thème est compatible avec le passage bien entendu.
Et la dernière, est -il possible d'écrire un texte sur deux sujets en même temps. Comme par exemple, sur le premier thème, écrire un texte sur le un et inséré le deux dedans?

→ Vous pouvez choisir un des sujets proposés, ou bien tous les faire, libre à vous =) La création est libre, du moment que vous respectez le thème donné. Je dois dire que pour ta dernière question, je n'y avait pas pensé, mais c'est une idée sympathique, donc on va dire que oui, du moment que les deux thèmes parviennent dans ton texte à donner quelque chose de cohérent et logique^^

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Est-ce que les textes écris seront affichée sur le blog ou simplement laissé en commentaires ?

→ Les textes que vous nous destinez seront envoyés par messagerie, ils ne seront donc pas dans les commentaires ;)

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Quand le sujet est une musique, vous attendez quel genre de texte en fait ? Qu'on insère les paroles dans la chanson ? Qu'on écrive un texte en écoutant cette chanson ? ou encore qu'on écrive un texte sur le sentiment que l'on ressent en écoutant la chanson ?

→ Vous écoutez la musique, puis vous rédigez un texte que la musique/chanson vous a inspiré. Tout simplement ;) Ça peut donc être un sentiment que l'on ressent, une histoire inventée, décrire un moment, vous êtes libres.

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En faite j'aimerai beaucoup participer, parce que l'idée de ce blog me plait vraiment! Mais je n'ai pas vraiment compris comment m'inscrire... Pourriez-vous m'éclairer ?

→ Il n'y as pas d'inscription propre. Il suffit d'écrire ton texte et de le poster dans la messagerie du blog, et c'est comme cela que ton inscription " est validée ". Tu peux suivre les nouveautés par la Newsletter pour voir si un nouveau thème t'inspire, ou voir les textes choisis.


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Je ne sais pas si on doit écrire un titre pour le texte ?


→ C'est une bonne remarque. Oui si vous le désirez vous pouvez insérer un titre à votre texte. C'est à votre guise.


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En fait je voulais savoir s'il on écrivait un texte on était obligé de faire les thèmes suivants ?


→ Bien sur que non :) Tu peux très bien participer à ce thème, et ne pas participer au prochain ! Tu participes quand tu le souhaites, quand tu es inspirée :) Nous n'obligeons personne, ce n'est pas un engagement ^^


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Est-ce qu'il y a un maximum et un minimum de lignes/pages pour le texte ?


→ Il n'y a pas de d'obligation de ce côté là. Nous demandons juste un texte de minimum 20lignes, car sinon c'est beaucoup trop court face aux autres. Nous ne limitons pas au maximum, c'est comme vous le souhaitez.


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ont vous donnes les information (âge, prénom etc...)lorsque que l'ont rend le texte ou bien lorsque l'on demande à s'inscrire ?

→ Il n'y a pas d'inscription propre. Vous pouvez nous mettre au courant pour nous dire que vous aller participez, c'est tout. Donc les informations doivent êtres envoyées lorsque vous postez votre texte dans la messagerie :)


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# Posté le lundi 28 septembre 2009 03:42

Modifié le mercredi 30 septembre 2009 13:56

* * Thème n°1 * S'inscrire à notre newsletter *

* * → Thème n°1 ♥ *  S'inscrire à notre newsletter *
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Thème n°1 : Clos.
-*************-Du 28 septembre au 11 Octobre 2009.



-******- Sujet n° 1 : « Ton visage est un endroit qui a marqué -**-****-ma vie. » de Anna Gavalda.
-***--**-Insérez cette phrase dans votre texte.


-******- Sujet n° 2 : Écouter cette musique « »
-******- Écrivez un texte dessus. Ce qu'elle vous inspire.


-**********-3 textes par catégories seront sélectionnés et publiés.



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Image : Deviantart.
Total de : 52 Participants.
-------------------------------__________------------------.---------_________--------Total de : 53 Textes.


# Posté le lundi 28 septembre 2009 11:53

Modifié le dimanche 11 octobre 2009 13:36

* * Thème n°1, par Charlène. * Sujet n°1 et n°2*

 * * → Thème n°1, par Charlène.  *  Sujet n°1 et n°2*
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______________________________________---__________________________________Informations :

------J'ai choisi de mêler les deux thèmes. La musique m'a remémoré une multitude d'émotions, émotions ------ressenties il y a 2 ans jour pour jour. Ainsi, mon texte est un témoignage. J'ai tenté de retranscrire ------l'état dans lequel je me trouvais ce jour-là, afin que vous vous intériorisiez à ces mots. Je pense qu'il ------est important de ne pas oublier.

------J'écris depuis l'âge de onze ans. Les mots sont mon exutoire, purement et simplement. Ils me sont ------vitaux. Ils me permettent de retranscrire des émotions que je ne peux pas exprimer oralement. Les ------mots sont, pour moi, avant tout, des sentiments. Des parties intimes d'une personne. Aujourd'hui, je ------vous en dévoile une partie.
-----Bonne lecture.




______________________________________---__________________________________Texte par Charlène :

------Sous le ciel gris et triste de Pologne, je me réveille ce matin. Je suis à Cracovie. Dans ma chambre d'hôtel, se trouve deux de mes amies. Nous sommes en voyage scolaire. Ce matin, nous avons tous la même tête. Toute la classe est dans le même état de malaise, nos estomacs si avides de petit-déjeuner habituellement aujourd'hui nous font défaut. On avale à peine nos morceaux de pains, nos visages sont baissés. On ne dit rien. On sait ce qui nous attend aujourd'hui, et on aimerait bien fuir. Retourner en France, pour conserver notre innocence. Ne pas prendre conscience. Mais on ne peut pas. Alors on avance. On avance vers ce bus qui nous fait voyager dans cette Europe de l'est que l'on n'imaginait pas si marquée. Aujourd'hui, il nous emmène sur la route de l'extermination. Aujourd'hui, il emprunte le trajet que des milliers d'innocents ont parcouru bien avant nous. Nous roulons pendant une heure et trente minutes, au milieu d'un paysage qui nous fait mal. Cracovie, vue de jour, est bien triste. J'ai l'impression d'être dans l'un de ces paysages d'après guerre que je vois sur les images de mon livre d'histoire. Tout est gris, abîmé. Les visages sont vides, blessés. Même le soleil est absent. Je suis assise côté fenêtre dans le bus, et voir ça me tord l'estomac. Je me hais d'avoir toujours donner de l'importance à mes petits malheurs, qui ne sont rien à côté des leurs. Je ferme les yeux pour retenir mes larmes. Je n'aurais jamais pensé être autant touchée. Je pars dans un profond sommeil, très court, mais apaisant. Je m'évade de cette réalité qui s'impose à moi, qui me flagelle l'esprit et le c½ur. Quand j'ouvre à nouveaux mes yeux, nous sommes au milieu de nulle part. Le chauffeur et les professeurs on l'air perdu. Le bus est silencieux comme il ne l'avait encore jamais été. Et puis, plusieurs demi-tours plus tard, un panneau délabré s'impose à nos regards, indiquant l'endroit où nous nous trouvons : Oswiecim. Mon estomac se tord plus que de raison. J'en vomirais. Mon regard et mon myocarde qui bat trop fort se fige : sur ma droite, une voie ferrée condamnée. Je sais ce que c'est, et ça me brise de le voir. Comme un millions de coups de poings droit dans ma figure.

------Et puis, le bus se gare. Personne ne se bouscule pour sortir. Je suis choquée de voir tous ces gens affairés devant l'entrée de ce lieu d'horreurs, de voir tous ces sourires que je ne comprends pas. Toute l'insouciance du monde ne devrait pas se retrouver ici. Il y a une boutique de souvenirs : la consternation. J'ai du mal à admettre que de nos jours, un ancien camp de concentration puisse être un « musée ». Nous allons visiter un endroit qui n'aurait jamais du exister, un lieu qui est l'½uvre du mal incarné. Nous allons poser nos pieds sur un sol souillé par la mort injuste de milliers de victimes. Nous allons observer des lieux où tout un peuple opprimé, où des tas d'innocents ont trouvés leur plus profond malheur. Où leur impuissance a régné en maître. C'est inhumain. Je me hais d'être là, de faire ce devoir de mémoire qui m'oblige à contempler toute cette misère que je rejette.

------Nous avançons, entrons à l'intérieur du camp. J'agrippe mon bras à celui d'une amie. Je sais que si je la lâche, si je n'ai pas se soutien, je n'arriverais pas à avancer. J'ai envie de rebrousser chemin, de m'évanouir, de m'aveugler. Aujourd'hui, je suis égoïste. Je le sais.
L'atmosphère est lourde, tendue.
« Arbeit Macht Frei ». La célèbre phrase voleuse de liberté et d'humanité est sous mes yeux. « Le travail rend libre ». Détestable.
Et puis, les blocks. Beaucoup trop de blocks. Ou bien pas assez quand on pense à tous ces gens qui ont été contraints d'y être. La guide nous explique beaucoup de choses, nous raconte des faits marquants. Il y a un brouhaha tout autour de moi, un mélange de langues qui bourdonne dans mes oreilles. Je vois des gens qui portent la kippa, témoignage de leur blessure encore trop présente. D'autres affichent fièrement le drapeau juif. Je voudrais me mettre avec eux pour les aider à le porter. Je prends conscience, pour la première fois. Ma gorge se serre, ma rétine semble vouloir exploser, mes poils se dressent. Je pense que personne ne peut réaliser avant d'avoir mis les pieds dans ce camp. Personne.

------Et puis arrivent les blocks de l'horreur. Ceux qu'on ne devrait pas avoir le droit de voir, ceux qui ne devraient pas exister. Je monte les escaliers et ma peur va de plus belle : une fille descends en pleurant. Mon professeur d'histoire-géographie qui redescend, nous conseille de nous accrocher. Je voudrais partir en courant. Mourir. Ne pas contempler ce désastre perpétré plus longtemps. Nous arrivons dans une pièce d' « exposition » : j'ai honte. Dans une vitrine sont entassées des tas et des tas de chaussures. Il n'y a que des vitrines ici, et je les détruirais bien, ces vitrines inhumaines. Ça sent la mort. Ça sent la désillusion. J'ai de plus en plus de mal à continuer de regarder, j'ai le c½ur au bord des lèvres, la haine au fond des yeux. Des valises, un nombre incalculable de valises avec des noms écrits dessus. Des brosses, des brosses à dents, des pinces à cheveux. Des objets ménagers comme des casseroles, témoignage d'un espoir naïf. Des prothèses pour handicapés. Des chaussures et des vêtements d'enfants. La tête me tourne, la prise de conscience est vertigineuse. Mon innocence est désormais très lointaine. Arrive la pire des pièces, pour ma part. Une vitrine immense. Une vitrine pleine de cheveux. Mon Dieu. Je voudrais hurler. Je me raccroche au bras de mon amie, qui fait de même, on sombre tous aujourd'hui, on a tous les mêmes états d'âme, on voudrait tous donner nos vies afin que tous ces innocents puissent récupérer un peu de la leur. Comment l'Homme a-t-il pu engendrer tout ça ? Comment peut-il continuer à conserver tout cela, souvenirs de l'apocalypse ? Ma tête cogne aussi fort que mon c½ur, qui ne demande qu'à s'échapper. Je suis blessée de voir tout ça. J'ai mal de voir tout ça. Parce qu'avant cela, je ne me le représentais pas aussi fort. Aujourd'hui, je le vois. Je suis dans cet endroit dont on m'a tant parlé. Et je ne serais plus jamais la même.

------La visite s'enchaîne ; nous visitons un autre block, aux pièces isolées, froides, sombres, des camisoles de terreur, de mort. Certains prisonniers étaient enfermés ici. Et chez moi, la pièce de mes toilettes est plus grande. Je ne peux m'empêcher d'avoir honte. Honte de ce que ce je suis, d'avoir ce que j'ai, de m'être toujours plains de mes problèmes sans importance.

------Et puis nous allons là où il ne faudrait pas aller. Les crématoriums. Je prends sur moi. Je n'ai pas le choix. Je n'ai pas le temps de me préparer mentalement. Le sanctuaire de la mort. Les « douches ». Vite, que nous sortions de cet endroit. J'étouffe. Trop de gens sont morts sur ce sol, je n'ai pas le droit de marcher dessus. Je n'ai pas le droit de les salir. Je sors, je n'attends pas, je prends des médicaments pour apaiser ce mal de crâne lancinant et je pense à tous ces gens qui on vécu le martyr.

------Peu après, la guide nous emmène au camp pour femmes, Birkenau. Je pense à celle dont le visage a marqué ma vie, Anne Frank. Je n'imaginais pas ça. Birkenau, c'est encore plus grand qu'Auschwitz. On n'en voit pas la fin. Ça s'étend sur des kilomètres et des kilomètres. Face à moi, l'image la plus connue de toutes sûrement : les rails d'arrivée. Nous allons à nouveau dans les blocks, mais ceux-ci n'ont rien à voir avec ceux qu'on a visité à Auschwitz. Ceux-ci n'ont pas été modifiés. Il y a les couchettes : en bois, trop petites, pas assez nombreuses, sans couvertures, entassées. Puis les toilettes : de simples trous dans des allées de béton. Déshumanisation pure et simple.

------La fin de la visite se fait dans le calme le plus complet, nous sommes assommés de tout ce que nous venons de voir. Nous avons tous réellement pris conscience des atrocités que la Seconde Guerre Mondiale a perpétrées. Je suis choquée de voir que des gens habitent en face du camp. Comment y parviennent-ils ?
------Quand nous sortons du camp, nous sommes abasourdis. Nous n'avons qu'une envie, monter dans notre bus et partir loin d'ici. Fermer les yeux. Oublier. Alors on rit pour évacuer, relâcher cette pression qui nous a écrasé le c½ur des heures durant. Aujourd'hui, les élèves que nous sommes n'ont plus dix sept ou dix huit ans. Nous sommes bien plus vieux. Nous avons près de soixante ans. Et nous ne sommes plus français. Nous sommes juifs dans le c½ur. Et nous n'avons jamais été si proches.



Photo de moi.

# Posté le samedi 03 octobre 2009 03:02

Modifié le samedi 03 octobre 2009 05:02

* * Thème n°1, par Anaïs. * Sujet n°1*

 * * → Thème n°1, par Anaïs.  *  Sujet n°1*
*














***** « Ton visage est un endroit qui a marqué ******ma vie. »









*-------------------.......-------- de Anna Gavalda.













______________________________________---__________________________________Informations :

------J'ai choisie particulièrement ce sujet, car c'est celui qui m'inspirait le plus. Je voulais néanmoins, ------ne pas tomber dans les histoires d'amour ou les peines de c½ur. Je voulais un tout autre registre. Il ------n'est pas non plus autobiographique, c'est de la pure invention. Comme je l'ai dit, j'aime l'originalité, ------c'est pourquoi mon texte ne parlera pas d'amour.Tout au contraire, je vous laisse le découvrir avec ------cette mélodie qui ma dictée cet écrit. ( n'oublie pas d'appuyer sur play ).

------Je vous dirai bien combien l'écriture m'évade au loin, je vous dirai aussi combien ça m'enchante de ------lire. Je n'oublierai certainement pas de vous décrire l'effet que ça procure, cette liberté infinie, ce ------rêve sans fin. Je vous démontrerai aussi combien on se sent légère et forte. Je vous expliquerai que ------jamais je ne me suis lassée d'écrire de ma propre plume. Je vous dirai sans envergure combien ça a ------pu me faire grandir. Je vous dirai bien tout cela, mais ça ne serait pas le quart de ce que j'éprouve.



_______________________________________________________Texte par Anaïs :


Je voulais apprendre à aimer, j'ai appris à haïr.

------Il faisait sombre ce jour-là. C'était le mois de janvier, le mois où l'astre solaire se couche-tôt, recouvrant le monde de ses étoiles que j'aimais tant. Déployant sa robe enchanteresse. J'étais folle d'elles, me sentant en sécurité quand leurs reflets s'imprégnaient dans mes yeux, couvrant mes iris de ce voile argenté. Je rêvais. J'étais damnée à les aimer pour toujours, car elles étaient les plus proches des anges. Pourtant, ce fut dans ce contexte-là, que tout bascula. Tout aussi puérile que cela laissait transparaitre, tout n'était que leurres.

------La journée avait été plutôt monotone. Je n'avais pas arrêté de penser à ce jour que le calendrier inscrivait. La date de la mort de mon père. Une date marquée au fer rouge dans mon c½ur. Mes pieds s'entrechoquaient, ma gorge était nouée. Et je continuais, rêveuse, à rejoindre mon habitat plutôt paisible. Quant à l'angle de cette rue, celle que j'avais pris tant de fois, que je connaissais comme m'appartenant. Il était là. Je n'avais pas pris l'ampleur du danger, me sentant en sécurité. J'avais continué à avancer, chassant le bruit désagréable qu'avait tenté de m'avertir mon estomac. Puis je commençais à sentir mon front transpirer, tout me disait de fuir. De prendre mes jambes à mon cou, et de ne jamais me retourner. Pourtant, je ne le fis pas. Avançant toujours, m'approchant de lui. Il avait un sourire encré sur son visage. Il arborait ce masque affriolant et malicieux ... Le bonnet noir qu'il portait lui cachait une bonne partie du visage. La neige le faisait ressortir vivement à mes yeux. Le contraste était frappant. Mes spasmes devinrent alors forts, m'obligeant à prendre quand même conscience de la situation. J'étais seule, il faisait froid, mais surtout, il faisait nuit.

------Traversant de l'autre côté de la route, je l'entendis. Ses pas frappants un par un le trottoir gelé. Enfonçant ses empreintes dans la glace. Le cliquetis des chaussures me dit alors d'avancer plus vite. Toujours plus vite. Mais ses pas se rapprochaient, trop près, beaucoup trop près. C'est alors que, courant, à bout de souffle, il m'attrapa. M'attirant près de son torse chaud et dur. J'étais tellement horrifiée qu'aucun son ne voulu sortir de ma bouche, c'était comme si un couteau traversait ma poitrine. Une lame tranchante lancinant mes poumons. Mon c½ur roulant comme des tambours, je me retrouvais dans cette ruelle, allongée par terre. L'homme m'avait poussé avec tant de force et fracas que mon visage heurta violemment la glace. Mes yeux restèrent fermés, de peur de me dire que c'était bel et bien la réalité et non un rêve. J'avais tant rêvé, que j'aurais pu ne plus faire la différence avec le monde réel ? Pourtant, me soulevant en un instant, me plaquant contre le mur, je compris que tout ça n'était rien d'autre que mon destin. Mon funeste destin.

------Me débattant de toutes mes forces, pleurant de toutes les larmes possibles, je compris que c'était la fin. La fin de tout, de ma vie, de ma mort. J'entendis pour la première fois sa voix, couvrant les sanglots bruyants de mon âme en péril. « Ta gueule, baisse ton pantalon ». Dure et rauque. Froide et précise. J'étais anéantie, telle une poussière, tout s'envola en un instant. Je n'étais plus, je ne vivais plus. C'était un pur cauchemar. Un qui ne prendrait jamais fin, puisque la fin faisait partie de ce chapitre-ci.

------Sa respiration était régulière, l'avait-il fait plusieurs fois ? Une montée de frissons s'empara de mon frêle corps. Mes lèvres tremblaient, virant du rose voluptueux au bleu froid et glacial. Mes joues étaient humides, les perles de mes yeux glissaient pour se confondre avec cette neige meurtrière. « S'il vous plait » fut la seule chose que mon âme eut voulu cracher à la figure de ce brigand. Il a pillé mon c½ur, détruit mes rêves, et désormais, il me violait mon âme. Tout était flou, tout était douloureux. L'impression de me perdre dans l'infernal abysse m'était incontournable. Il employait une arme déloyale, sa force inconditionnelle face à moi. Tout n'était que songe, tout n'était que hantise...

------Ouvrant ma braguette, tirant violemment sur mon haut, je me retrouvais nue. On me prenait ma vertu, on m'enlevait la dignité. On me déshumanisait, me retrouvant comme un jouet. Et le bourreau de ma peur, le voleur de ma vie, l'assassin de mon âme consuma mon humanité. Suçant toutes mes joies, aspirant tout amour. Ne laissant devant lui qu'un cadavre vivant. Me susurrant dans l'oreille un vulgaire et pitoyable « Merci » qui me paralysa tout entière. Mon myocarde avait battu pour la dernière fois dans cette ruelle. J'étais morte. Du moins, mon esprit, mon âme, mon c½ur, mes poumons étaient morts. Je n'arrivais plus à respirer, les moindres larmes se bloquaient dans ma cage thoracique, et ma haine me brûla. Partant comme si j'avais été en accord avec lui, comme si je lui avais offert mon corps volontairement, il partit en riant. Et depuis ce jour, ce jour marqué au fer rouge, Lola est morte dans cet abîme sombre et déserte. Déserte et sombre...

------Allongée sur cette couverture blanche et glaciale, les marques de ma souffrance n'étaient pas visibles. Je me retrouvais recroquevillée, les genoux bloquants mon thorax gonflé et ferme. Mais surtout vide. J'étais comme dans une autre vie, un état second. Je sentais le vent glacial traverser mon frêle corps, depuis combien de temps étais-je là allongée, sans vie ? Tout se bousculait dans ma tête. Tout était dissimulé à l'intérieur, là où personne ne pouvait voir. Mon faible corps était instable, ma tête tournait. J'étais hors de moi. Je ne comprenais pas ce qui avait pu se passer. Me blâmer était vain, c'était chose faite désormais. Mes iris s'étaient faient aveugle, mes yeux s'étaient fermés, ne voulant plus jamais se rouvrir. Priant de mourir. De ne plus sentir ce mal qui faisait désormais partie de moi, dans chacun de mes traits, dans chacun de mes mouvements, dans chacune de mes paroles. Je ne parlerais plus. Je ne vivrais plus. J'étais une défunte, une femme piétinée, une enfant violée, une âme en peine. Une personne perdue et oubliée. Je n'existais plus. Et je le détestais à un point de non-retour, je le détestais de m'avoir enlevé le goût mielleux de mes étoiles. Il avait été le seul, à pouvoir me provoquer cette perte de les aimer. Je n'étais plus l'enfant de la lune, il m'avait tout pris. Je m'accrochais comme une naufragée à l'espoir que ce ne fut qu'une illusion. Mon corps était sondé.

------Quelqu'un approchant, me frôlant à peine mon membre encore brûlé à vif et transit par la neige. Sa voix paraissait lointaine, il appelait à l'aide. Mais pourquoi ? L'aide, je n'en avais plus besoin, j'étais morte. Ça provoqua un hurlement tranchant et aigu sortant de ma gorge irritée et sèche. Ma vision était réduite au silence, ils étaient blancs. Le reflet lunaire s'était évaporé. Clignant des yeux, me relevant de mon lit humidifié de mes pleurs. Je compris que ce n'était qu'un rêve. Un spectre fantomatique, mes démons cachés. Je criais encore, aussi fort que je le pu. Mes poumons étaient compressés, liquéfiés. Et tout me revint comme si c'était hier. Comme si ce cauchemar s'était déroulé ce matin. Me frappant comme toutes ses nuits, m'enveloppant de cette peur, de cette haine. Entendant une seconde fois ce rire cristallin. Lola était décédée. Ce n'était pas un rêve. On l'avait prise dans cette ruelle sombre, en ce jour d'hiver. Un ange déchu.

------Me levant, j'observais mon nouveau visage dans la glace, j'eus voulu défaillir. A mon retour, j'avais honte. Tellement honte que je voulais changer d'identité. J'avais coupé ma chevelure d'or en coiffure pour garçon. Mon regard ne brillait plus, ma bouche ne s'ouvrait plus. Et mon organe solitaire ne battait plus. Alors, ouvrant la page de mon journal intime, je lis cette phrase que j'avais tant répétée. Cette unique phrase présente sur mon journal. Cette phrase que j'avais tant lue. Cette minuscule phrase qui portait tant d'ampleur dans mon c½ur. Et qui résumait ma vie.

« Ton visage est un endroit qui a marqué ma vie. »





Image : Deviantart.


# Posté le samedi 03 octobre 2009 05:17

Modifié le samedi 03 octobre 2009 08:22