****** « Ton visage est un endroit qui a marqué ******ma vie. »*-------------------.......-------- de
Anna Gavalda.______________________________________---__________________________________Informations :------J'ai choisie particulièrement ce sujet, car c'est celui qui m'inspirait le plus. Je voulais néanmoins, ------ne pas tomber dans les histoires d'amour ou les peines de c½ur. Je voulais un tout autre registre. Il ------n'est pas non plus autobiographique, c'est de la pure invention. Comme je l'ai dit, j'aime l'originalité, ------c'est pourquoi mon texte ne parlera pas d'amour.Tout au contraire, je vous laisse le découvrir avec ------cette mélodie qui ma dictée cet écrit. ( n'oublie pas d'appuyer sur play ).
------Je vous dirai bien combien l'écriture m'évade au loin, je vous dirai aussi combien ça m'enchante de ------lire. Je n'oublierai certainement pas de vous décrire l'effet que ça procure, cette liberté infinie, ce ------rêve sans fin. Je vous démontrerai aussi combien on se sent légère et forte. Je vous expliquerai que ------jamais je ne me suis lassée d'écrire de ma propre plume. Je vous dirai sans envergure combien ça a ------pu me faire grandir. Je vous dirai bien tout cela, mais ça ne serait pas le quart de ce que j'éprouve.
_______________________________________________________Texte par Anaïs :
Je voulais apprendre à aimer, j'ai appris à haïr.
------Il faisait sombre ce jour-là. C'était le mois de janvier, le mois où l'astre solaire se couche-tôt, recouvrant le monde de ses étoiles que j'aimais tant. Déployant sa robe enchanteresse. J'étais folle d'elles, me sentant en sécurité quand leurs reflets s'imprégnaient dans mes yeux, couvrant mes iris de ce voile argenté. Je rêvais. J'étais damnée à les aimer pour toujours, car elles étaient les plus proches des anges. Pourtant, ce fut dans ce contexte-là, que tout bascula. Tout aussi puérile que cela laissait transparaitre, tout n'était que leurres.
------La journée avait été plutôt monotone. Je n'avais pas arrêté de penser à ce jour que le calendrier inscrivait. La date de la mort de mon père. Une date marquée au fer rouge dans mon c½ur. Mes pieds s'entrechoquaient, ma gorge était nouée. Et je continuais, rêveuse, à rejoindre mon habitat plutôt paisible. Quant à l'angle de cette rue, celle que j'avais pris tant de fois, que je connaissais comme m'appartenant. Il était là. Je n'avais pas pris l'ampleur du danger, me sentant en sécurité. J'avais continué à avancer, chassant le bruit désagréable qu'avait tenté de m'avertir mon estomac. Puis je commençais à sentir mon front transpirer, tout me disait de fuir. De prendre mes jambes à mon cou, et de ne jamais me retourner. Pourtant, je ne le fis pas. Avançant toujours, m'approchant de lui. Il avait un sourire encré sur son visage. Il arborait ce masque affriolant et malicieux ... Le bonnet noir qu'il portait lui cachait une bonne partie du visage. La neige le faisait ressortir vivement à mes yeux. Le contraste était frappant. Mes spasmes devinrent alors forts, m'obligeant à prendre quand même conscience de la situation. J'étais seule, il faisait froid, mais surtout, il faisait nuit.
------Traversant de l'autre côté de la route, je l'entendis. Ses pas frappants un par un le trottoir gelé. Enfonçant ses empreintes dans la glace. Le cliquetis des chaussures me dit alors d'avancer plus vite. Toujours plus vite. Mais ses pas se rapprochaient, trop près, beaucoup trop près. C'est alors que, courant, à bout de souffle, il m'attrapa. M'attirant près de son torse chaud et dur. J'étais tellement horrifiée qu'aucun son ne voulu sortir de ma bouche, c'était comme si un couteau traversait ma poitrine. Une lame tranchante lancinant mes poumons. Mon c½ur roulant comme des tambours, je me retrouvais dans cette ruelle, allongée par terre. L'homme m'avait poussé avec tant de force et fracas que mon visage heurta violemment la glace. Mes yeux restèrent fermés, de peur de me dire que c'était bel et bien la réalité et non un rêve. J'avais tant rêvé, que j'aurais pu ne plus faire la différence avec le monde réel ? Pourtant, me soulevant en un instant, me plaquant contre le mur, je compris que tout ça n'était rien d'autre que mon destin. Mon funeste destin.
------Me débattant de toutes mes forces, pleurant de toutes les larmes possibles, je compris que c'était la fin. La fin de tout, de ma vie, de ma mort. J'entendis pour la première fois sa voix, couvrant les sanglots bruyants de mon âme en péril. « Ta gueule, baisse ton pantalon ». Dure et rauque. Froide et précise. J'étais anéantie, telle une poussière, tout s'envola en un instant. Je n'étais plus, je ne vivais plus. C'était un pur cauchemar. Un qui ne prendrait jamais fin, puisque la fin faisait partie de ce chapitre-ci.
------Sa respiration était régulière, l'avait-il fait plusieurs fois ? Une montée de frissons s'empara de mon frêle corps. Mes lèvres tremblaient, virant du rose voluptueux au bleu froid et glacial. Mes joues étaient humides, les perles de mes yeux glissaient pour se confondre avec cette neige meurtrière. « S'il vous plait » fut la seule chose que mon âme eut voulu cracher à la figure de ce brigand. Il a pillé mon c½ur, détruit mes rêves, et désormais, il me violait mon âme. Tout était flou, tout était douloureux. L'impression de me perdre dans l'infernal abysse m'était incontournable. Il employait une arme déloyale, sa force inconditionnelle face à moi. Tout n'était que songe, tout n'était que hantise...
------Ouvrant ma braguette, tirant violemment sur mon haut, je me retrouvais nue. On me prenait ma vertu, on m'enlevait la dignité. On me déshumanisait, me retrouvant comme un jouet. Et le bourreau de ma peur, le voleur de ma vie, l'assassin de mon âme consuma mon humanité. Suçant toutes mes joies, aspirant tout amour. Ne laissant devant lui qu'un cadavre vivant. Me susurrant dans l'oreille un vulgaire et pitoyable « Merci » qui me paralysa tout entière. Mon myocarde avait battu pour la dernière fois dans cette ruelle. J'étais morte. Du moins, mon esprit, mon âme, mon c½ur, mes poumons étaient morts. Je n'arrivais plus à respirer, les moindres larmes se bloquaient dans ma cage thoracique, et ma haine me brûla. Partant comme si j'avais été en accord avec lui, comme si je lui avais offert mon corps volontairement, il partit en riant. Et depuis ce jour, ce jour marqué au fer rouge, Lola est morte dans cet abîme sombre et déserte. Déserte et sombre...
------Allongée sur cette couverture blanche et glaciale, les marques de ma souffrance n'étaient pas visibles. Je me retrouvais recroquevillée, les genoux bloquants mon thorax gonflé et ferme. Mais surtout vide. J'étais comme dans une autre vie, un état second. Je sentais le vent glacial traverser mon frêle corps, depuis combien de temps étais-je là allongée, sans vie ? Tout se bousculait dans ma tête. Tout était dissimulé à l'intérieur, là où personne ne pouvait voir. Mon faible corps était instable, ma tête tournait. J'étais hors de moi. Je ne comprenais pas ce qui avait pu se passer. Me blâmer était vain, c'était chose faite désormais. Mes iris s'étaient faient aveugle, mes yeux s'étaient fermés, ne voulant plus jamais se rouvrir. Priant de mourir. De ne plus sentir ce mal qui faisait désormais partie de moi, dans chacun de mes traits, dans chacun de mes mouvements, dans chacune de mes paroles. Je ne parlerais plus. Je ne vivrais plus. J'étais une défunte, une femme piétinée, une enfant violée, une âme en peine. Une personne perdue et oubliée. Je n'existais plus. Et je le détestais à un point de non-retour, je le détestais de m'avoir enlevé le goût mielleux de mes étoiles. Il avait été le seul, à pouvoir me provoquer cette perte de les aimer. Je n'étais plus l'enfant de la lune, il m'avait tout pris. Je m'accrochais comme une naufragée à l'espoir que ce ne fut qu'une illusion. Mon corps était sondé.
------Quelqu'un approchant, me frôlant à peine mon membre encore brûlé à vif et transit par la neige. Sa voix paraissait lointaine, il appelait à l'aide. Mais pourquoi ? L'aide, je n'en avais plus besoin, j'étais morte. Ça provoqua un hurlement tranchant et aigu sortant de ma gorge irritée et sèche. Ma vision était réduite au silence, ils étaient blancs. Le reflet lunaire s'était évaporé. Clignant des yeux, me relevant de mon lit humidifié de mes pleurs. Je compris que ce n'était qu'un rêve. Un spectre fantomatique, mes démons cachés. Je criais encore, aussi fort que je le pu. Mes poumons étaient compressés, liquéfiés. Et tout me revint comme si c'était hier. Comme si ce cauchemar s'était déroulé ce matin. Me frappant comme toutes ses nuits, m'enveloppant de cette peur, de cette haine. Entendant une seconde fois ce rire cristallin. Lola était décédée. Ce n'était pas un rêve. On l'avait prise dans cette ruelle sombre, en ce jour d'hiver. Un ange déchu.
------Me levant, j'observais mon nouveau visage dans la glace, j'eus voulu défaillir. A mon retour, j'avais honte. Tellement honte que je voulais changer d'identité. J'avais coupé ma chevelure d'or en coiffure pour garçon. Mon regard ne brillait plus, ma bouche ne s'ouvrait plus. Et mon organe solitaire ne battait plus. Alors, ouvrant la page de mon journal intime, je lis cette phrase que j'avais tant répétée. Cette unique phrase présente sur mon journal. Cette phrase que j'avais tant lue. Cette minuscule phrase qui portait tant d'ampleur dans mon c½ur. Et qui résumait ma vie.
« Ton visage est un endroit qui a marqué ma vie. »
Image : Deviantart.